

Presentation de Barth Russo
Une vidéo :
Créer du lien par la musique – Présentation de mon travail et de mon approche
Un podcast :
Dans ce podcast, je vous partage comment j’utilise le corps, le rythme et le jeu pour créer du lien, même dans les contextes les plus sensibles.
Une autre manière d’aborder la relation, la créativité… et la musique.
À écouter si vous êtes curieux·se de découvrir une approche vivante, accessible et profondément humaine.
Et plus encore :
improviser avec le corps et le cœur pour semer la joie
Ce document est né d’une rencontre.
Un échange avec Barth Russo, artiste pluridisciplinaire au parcours atypique, traversé par une profonde résilience.
Avant d’être clown, musicien et improvisateur, Barth a été chaudronnier. Puis travailleur social. Et peu à peu, il a trouvé sa place dans les arts de la rue, le clown et la musique improvisée. Ce qui traverse toutes ses pratiques — percussions corporelles, Circle Song, clown — c’est une même attention : être là, vraiment là. Écouter. Ressentir.
Entrer en relation.Et, surtout, faire émerger de la joie, même là où on ne l’attend plus.
Une enfance qui marque, sans enfermer
Barth Russo naît sous le nom de Vitorino Angelo Salvator — “la Victoire, l’Ange et le Sauveur”. Un prénom chargé, presque un destin à porter.
Il grandit en Seine-Saint-Denis, dans une famille d’origine sicilienne, marquée par une structure patriarcale forte. Son père, seul homme de sa lignée, est en situation de handicap. Sa mère est absente très tôt.
Très jeune, Barth porte beaucoup. Une responsabilité précoce, un sentiment d’isolement profond. Il se décrit comme renfermé jusqu’à ses 18 ans. L’école ne sera pas un refuge. Il s’oriente vers la chaudronnerie.
Mais déjà, quelque chose se joue : travailler la matière, transformer, donner forme. Aujourd’hui, il le dit simplement :
il est resté un artisan. Sauf que la matière, désormais, ce sont les relations humaines.
S’inventer pour rester vivant
À un moment, Barth fait un pas de côté. Il décide de ne pas suivre la trajectoire qui semblait tracée. Changer de prénom. Quitter l’usine. Devenir animateur, éducateur. Puis artiste. Apprendre en faisant. Oser sans savoir. Se construire en dehors des cadres. Il parle de lui comme d’un “rescapé”.
Pas dans une posture de survie, mais comme quelqu’un qui a transformé ses blessures en moteur.
Le clown à l’hôpital : l’endroit du réel
Depuis 2003, Barth intervient comme clown avec Le Rire Médecin, en pédiatrie. Là-bas, rien ne peut être prévu.
Tout se joue dans l’instant. Il n’y a pas de texte. Pas de scène écrite.
Seulement une présence, une écoute très fine, presque invisible. Des “antennes”, comme il dit, pour sentir ce qui est juste. Ne pas voir un enfant malade. Mais rencontrer un enfant vivant.
Le duo est essentiel : il permet le rebond, le soutien, le rythme.
Et ce qui se passe dépasse souvent la chambre : les parents, les soignants, tout le monde est touché.
Improviser, vraiment
À l’hôpital, tout peut basculer en une seconde. Alors Barth apprend à rester là, au présent, à s’ajuster sans cesse. Accueillir le chaos. “Organiser les éboulis”, dit-il.
Et cette phrase revient :
“l’improvisation ne s’improvise pas” Derrière la spontanéité, il y a du travail. Des outils, un cadre, des années de pratique.
Des outils… mais surtout des passages
Ukulélé, handpan, ngoni, percussions corporelles, Barth utilise de nombreux médiums. Mais il insiste : ce ne sont pas des performances.
Ce sont des chemins pour entrer en relation.
Le Circle Song : faire exister le collectif
Le Circle Song est une improvisation vocale collective.
On forme un cercle. Des boucles apparaissent. Chacun trouve sa place.
Et peu à peu, une musique naît, ensemble. Parfois, une voix s’élève en solo.
Toujours soutenue, jamais exposée seule. Ce qui se joue là est simple et puissant : écouter, oser, appartenir, créer ensemble.
Clown et Circle Song : une même racine
Dans ces deux pratiques, on retrouve la même chose : être présent, écouter, accepter de ne pas savoir, oser être vulnérable.
Et surtout : créer du lien. Pour Barth, ce ne sont pas des disciplines. Ce sont des prétextes à la rencontre.
Aller vers ce qui va bien
Sa manière d’être au monde est claire : aller chercher ce qui est vivant chez l’autre. Passer par le jeu, par la joie.Installer un cadre sans jugement.Entrer dans une relation où chacun donne et reçoit. Il travaille avec des enfants hospitalisés, des personnes en situation de handicap, des migrants, des jeunes en difficulté. Mais au fond, il fait toujours la même chose : rencontrer.
Rester juste
Pour continuer, il doit aussi prendre soin de lui. Couper après les interventions. Se recentrer. Respirer. Bouger. Rester disponible sans se perdre.
Artiste, éducateur… ou simplement humain
Barth ne sépare pas les rôles. Il crée, il transmet, il accompagne. Toujours avec la même intention : ouvrir un espace où chacun peut retrouver une forme de liberté.
Ce que son parcours raconte
Qu’une enfance difficile ne condamne pas. Qu’elle peut même devenir une force. Que la vulnérabilité peut relier. Et que l’art, quand il est vécu comme une rencontre, peut réellement transformer.
Chez Barth Russo, il ne s’agit pas de réussir quelque chose. Il s’agit d’être là. Et de rencontrer.
